EVOLUTION DU CONTROLE ALIMENTAIRE VU PAR UN AGENT DE LA DIRECTION
DES SERVICES VETERINAIRES DE PARIS
de Claude MONTASSIER
Technicien
Supérieur des Services Vétérinaires
Résumé
Lauteur de ces quelques pages sest proposé
dexpliquer la mutation du contrôle dhygiène
alimentaire exercé à Paris. Ainsi avec la fermeture des
abattoirs de la Villette et de Vaugirard la mission des agents
dinspection sest rapidement orientée vers une plus
grande surveillance du terrain, en loccurrence les vingt
arrondissements de la capitale. Dabord axée sur le
recensement des établissements, la mission se traduit ensuite
par un contrôle systématique (tout voir et sanctionner tout ce
qui ne va pas). Ce contrôle montre plus tard ses faiblesses (on
ne vérifie que ce qui est facilement détectable). Le contrôle
procède alors à des visites en partenariat avec les
professionnels à laide de "la nouvelle approche"
pour mieux identifier les risques invisibles .
En fin dexposé lauteur indique ce que seront
les contrôles de demain sur la base du constat
daujourdhui : "il y a de plus en plus de
molécules actives suspectes dans nos aliments".
PLAN DE
LARTICLE
| INTRODUCTION PETIT
HISTORIQUE LA NOUVELLE APPROCHE LES NOUVEAUX CONTROLES La PREVENTION PLUTOT QUE la REPRESSION LEVOLUTION DES CONTROLES LES OPERATIONS DE CONTROLE LES CONTROLES DE LAVENIR LES PROBLEMES DU FUTUR CONCLUSION
|
Page 7 |
EVOLUTION DU
CONTROLE ALIMENTAIRE VU PAR UN AGENT DE LA DIRECTION DES SERVICES
VETERINAIRES DE PARIS
Laction de la Direction des Services Vétérinaires
de Paris sinscrit dans le cadre des bases législatives et
réglementaires incombant à la Direction Générale de lAlimentation
(la D.G.Al). Cette direction dépend du Ministère chargé de
lAgriculture et fait ainsi partie des administrations qui
assistent en première ligne au passage de lAgriculture
Française dun système traditionnel à un système
industriel recourant à la conservation, au transport et aux
transformations de produits. Cette industrialisation est un
progrès mais sassortit de dangers (défectuosités de
conservations, durées excessives de transports, contamination
microbienne des préparations de denrées).
Le cadre législatif définit comment protéger la santé
publique de ces risques en la doublant dune recherche de
qualité de produit. La protection du consommateur va de la
surveillance de la salubrité de la matière première aux
conditions microbiologiques de ses traitements tout en
surveillant ses contaminations chimiques dues aux fertilisations
agricoles. La recherche de qualité sattarde sur lhygiène,
laspect organoleptique et nutritionnel voire technologique
des denrées. Incidemment la recherche des fraudes et
falsifications en matière de produits et services incombe
également aux directions départementales des services
vétérinaires.
La loi du 8 juillet 1965 rend obligatoire la
détermination et la surveillance des conditions dhygiène
tout au long de la chaîne concourant à lapprovisionnement
alimentaire. Dabord axée sur linspection en abattoir
pour écarter les viandes du bétail malade, cette surveillance
sest ensuite étendue à toutes les denrées dorigine
animale et tous les circuits de distribution, dont la vente au
détail. Le décret du 31 mars 1967 fixe quà Paris, le
Préfet de police adjoint aux vétérinaires inspecteurs mis à
sa disposition et place sous leur autorité les officiers de
police spécialisés nécessaires à la bonne exécution de
linspection. Dautres corps viennent sajouter;
inspecteurs de salubrité, techniciens des services
vétérinaires, ingénieurs de travaux agricoles et préposés
sanitaires.
Les années 1970 ont vu lapparition en
1971 dun décret phare puis dune série
darrêtés fixant les règles dhygiènes pour chaque
catégorie professionnelle des viandes, poissons, laits, produits
laitiers, ufs et ovoproduits, miels
La Direction des
Services Vétérinaires de Paris, jusquà la fermeture des
abattoirs de la Villette et de Vaugirard, se voyait qualifiée de
direction de référence en ce sens quétant très proche
du législateur elle pouvait être consultée de suite, avant et
lors de la mise en application de nouveaux règlements. Cela se
confirmait souvent notamment à propos des règles de la découpe
en boucherie, de la congélation, du statut sanitaire des
charcutiers traiteurs, de lagrément isothermique des
véhicules remontant de Rungis, de la restauration sociale et
commerciale puis même de la poissonnerie. Ce fut la période de
la collecte des informations de terrain complétée par la
création dun fichier sanitaire des 30.000 points de vente
au détail parisiens.
Les années 1980 confirmèrent le besoin
dune telle mise en place avec une série
dinterventions ciblées pour faire face aux problèmes
éventuels de la viande hachée, du mauvais glaçage de la marée,
des contaminations des crèmes glacées, de linsuffisance
de froid sur les marchés forains et du déclassement des
ufs. Le service de linspection de la restauration
collective (surveillance des crèches, foyers, cantines
détablissements scolaires, maisons de retraite, prison)
ainsi que le service de gestion des agréments sanitaires de
véhicules devinrent pleinement opérationnel avec
lutilisation dune base de donnée informatisée
respectivement de trois mille établissements et plus de trois
mille engins. Les interventions saffirmaient efficaces mais
se limitaient à écarter des risques connus comme la
malpropreté (visible par tous) et la prolifération des microbes
courants (facilement détectables au laboratoire).
Avec les années 1990 des risques connus dans
la nature mais imprévus dans lassiette du consommateur ont
surgi ; la listériose des produits laitiers et de la viande
de porc, la trichinose du cheval, le parasitisme par anisakis du
poisson, la salmonellose des ufs, la contamination physico-chimique,
puis
la vache folle ! Ces risques imprévisibles car
ignorés, bien que pressentis sans en connaître la forme exacte,
sont depuis combattus à laide dun système
normalisé : la nouvelle approche. Cette méthode implique
quun opérateur reste responsable de ses actes tant
quil na pas écarté tout risque lié au service
rendu.
La nouvelle approche introduit la démarche qualité,
cest à dire laptitude à satisfaire les besoins
dun client sans le rendre malade. Le milieu des années
1990 voit la Direction des Services Vétérinaires de Paris
dotée dun outil de qualité impliquant une méthode de
travail rompant avec le passé. Ainsi faire des visites pour
avoir des chiffres ne sert à rien si on se contente de
rechercher les risques visibles à lil nu (ce
quon appelle plus couramment dresser un Procès Verbal),
par contre chercher à identifier des risques imprévus fait
appel à dautres moyens. Le système le plus adapté aux
petites entreprises sappelle H.A.C.C.P., cest à dire
Hazard Analysis Critical Control Point (Analyse des dangers,
points critiques pour leur maîtrise). Cet outil facilite la
surveillance qualité dans lélaboration de produits finis
(découpe, tranchage, préparations complexes
) sans avoir
les coûts de lassurance qualité. La nouvelle approche
suppose de contrôler différemment.
Les nouveaux contrôles, avant dexaminer toute
denrée, demandent plusieurs choses aux agents du service
vétérinaire. Dabord par exemple de sassurer du bon
étiquetage des viandes préemballées (nom du morceau, dates
demballage et de fin de vente, origine nationale de
lanimal dont est issu la viande, catégorie de
lanimal et son type racial, laitier ou viande). Ensuite
simpose une lecture documentaire de cahiers des charges, de
fiches de production, de déterminations des points critiques et
de leur correction éventuelle, ainsi que de superviser les
autocontrôles. Ce principe de nouveau contrôle résulte du
transfert de responsabilité de létat vers
lopérateur. Ce dernier gagne en simplification de
règlement ; il définit lui-même ses objectifs, ses guides
professionnels sont plus à même dinterpréter la
complexité de son travail et linnovation ne lui est plus
interdite. Pour linspecteur cest différent, car en
plus de la consultation documentaire de lentreprise, il lui
faut vérifier si les maîtrises du risque sont bien adaptées
aux techniques de travail. Il doit procéder à un audit hygiène
rapide pour authentifier la bonne démarche de salubrité, après
il lui importe de confirmer que le professionnel soblige
bien à un résultat (ne pas intoxiquer). Pour conclure son
inspection il évalue la situation sanitaire générale de
létablissement en constatant sil y a plus de
conformités que de non conformités. Le dogme "prévenir
plutôt que guérir " est toujours dactualité.
LA PREVENTION PLUTOT QUE LA
REPRESSION
La prévention des problèmes remplace la détection, il
sagit dun contrôle par anticipation. Cela impose à
linspecteur de connaître les procédés de fabrication, de
savoir ce quest un système qualité ou une certification
de produit mais surtout davoir une réponse adaptée selon
le mode de transformation (cru ou cuit, frais ou congelé voire
surgelé, à létat brut ou haché etc.). Lagent de
terrain soblige à plus de formalisme (les actions mises en
uvre par le professionnel existent bien, mais sont-elles
efficaces ?). Son intervention devient plus lourde car elle
nest plus identique dans tous les établissements mais
adaptée selon les superficies des locaux, les moyens
dinvestissements et parfois la notion de culture (cas des
commerces asiatiques ou africains où pour se faire comprendre,
il faut parler "par geste" et en "mauvais
français !") .
La fonction impose à linspecteur dinculquer
des principes scientifiques (comme écarter les microbes) en
créant de simples habitudes (comme de se laver les mains). Le
plus dur cest dadapter lapproche personnalisée
(encore une nouvelle mission) à une sorte dapproche
composite ne remettant pas en cause lapproche
réglementaire quest lauto-contrôle comme le
définit larrêté du 9 mai 1995. Cette nouvelle liberté
qui résulte de la déréglementation profite au commercial mais
demande par contre au représentant de lautorité, en
loccurrence linspecteur darrondissement,
dêtre capable dévaluer un système qualité dentreprise
tout en éduquant son exploitant. Que dire sinon que
laction dinformation remplace la répression ;
les anciens arrêtés des années 1970 désormais abrogés ne
donnaient pas droit à lerreur. Laction débouche de
plus en plus souvent sur des présentations de plans darchitectes
pour des implantations nouvelles de commerce ou des modifications
de projets.
La nouvelle approche impose donc de nouvelles charges (il
ne sagit plus que de rechercher les infractions) sans que
les actes qui sy rapportent (conseils, audit hygiène ou
évaluation générale, consultation documentaire voire de plans
) ne soient quantifiables en terme de nombre de visites. Le
service évolue, il passe de la quantité de contrôles à la
qualité de contrôles.
Le consommateur demande des produits nouveaux comme le
surimi puis bientôt le shushi (poisson à consommer cru à la
mode japonaise) ou le repas rapide (pizzas, kebbab, viennoiseries,
sandwiches
). Des professionnels (parfois occasionnels)
sempressent de satisfaire cette demande mais bien souvent
au détriment de la qualité (risque dintoxication) ou du
voisinage (nuisance par les odeurs de cuisson). Le premier
rempart, notamment en termes de communications entre gêneur et
gêné ou empoisonneur et intoxiqué, qui intervient pour ces
nuisances urbaines des temps modernes, cest
linspecteur de terrain. Lui reconnaît-on cette qualité de
communicateur malgré les courriers et appels téléphoniques de
relance dadministrés parfois agressifs ? Cela na
jamais été chiffré car on ne peut que juste parler de la
communication. Cependant lauréole des agents puis du
service se trouve là, profondément ancrée dans cette
communication, invisible de lextérieur, non chiffrable.
Dailleurs quand la presse en parle cest juste pour
dire "la police est venue, lhygiène a fait une
descente
" Tout porterait à croire quil
ny a que des inspections de routine. Il nen est rien,
il existe dautres opérations de contrôle dont il est fait
parfois écho.
Contrairement aux inspections de routine, dautres
interventions sont plus ponctuelles; les plans de surveillance et
de contrôle, les plaintes, les opérations alimentaires,
lencadrement de lAïd-el-Kébir, les enquêtes
nationales, linspection des ateliers agréés
communautaires et les contrôles à limport-export.
1° ) Les plans de surveillance et de contrôle
sinscrivant depuis 1996 dans un contexte national sont
réalisés à Paris au titre de la vérification en fin de
chaîne de production juste avant la remise au consommateur final.
Les produits retenus (viandes, gibiers, poissons, laits et miels)
constituent autant dindicateurs de contamination dès la
zone de production. A ce jour la recherche de radionucléides, de
métaux lourds et dantibiotiques n'a jamais détecté de
taux alarmants.
2°) Les plaintes retenues en priorité
sont les toxi infections alimentaires collectives (T.I.A.C.). Il
sagit dindispositions alimentaires survenant sur un
groupe de personnes présentant les mêmes symptômes (diarrhées,
vomissements) dans un délai commun après avoir consommé les
mêmes produits alimentaires. Les investigations qui sen
suivent ont pour but de rechercher le produit incriminé,
den connaître lorigine à laide de la
traçabilité sanitaire et comptable, de consigner tous les
arrivages similaires, de prélever des échantillons et de les
porter à un laboratoire aux fins didentifier les germes et
den dénombrer les taux. Si le résultat est satisfaisant
la consigne est levée, dans le cas contraire le produit saisi
est mis hors consommation. Les conclusions dune telle
enquête sont parfois retentissantes. Ainsi en 1996, à la suite
dune T.I.A.C. sur plus de dix convives survenue à partir
de thon dans un restaurant situé à lombre de la tour
Eiffel, une société de pêche du Sultanat dOman
sest vue interdite de toute importation dans le marché
communautaire.
3° ) Les opérations alimentaires
sont des actions déclenchées sur instruction de la Direction
Générale de lAlimentation. Elles ont pour but
daccentuer les contrôles au moment où les professionnels
relâchent leur attention à cause de périodes de vacances ou de
veilles de fête augmentant les volumes de vente.
Les opérations alimentation de vacances ont lieu en été
et le souci principal repose sur le respect de la chaîne du
froid. Les opérations alimentation de fin dannée se
caractérisent par la vérification de denrées festives fragiles,
(foie gras, huîtres, crustacés, saumon fumé, caviar) mais
heureusement vendues pendant le froid de lhiver.
Laspect inattendu de cette opération, cest
quil ne faut pas forcément contrôler avant les fêtes car
les débits sont importants, mais plutôt après pour savoir ce
que devient la mévente.
4°) Lencadrement de lAïd-el-kébir
dans Paris intra muros sexerce à deux titres. Dabord
sur le plan de la protection animale puis sur les nuisances
engendrées par les déchets organiques ou la malpropreté de
lopération. Le rôle du service consiste à inviter les
sacrificateurs familiaux à se rendre dans les abattoirs agréés
de banlieue comme Meaux, Melun, Mantes... Ils y trouveront une
infrastructure plus adaptée quen ville pour moins de
souffrance animale et pour capter puis éliminer les matières
liquides et stercoraires ainsi que le sang et les peaux ou
viscères résultant du sacrifice. Grâce à cette prévention
les années 1990 ont vu la régression des abattages clandestins
à Paris au profit de lencombrement des abattoirs de
banlieue.
5°) La répression du ré-emballage des viandes
après les week-ends dans certaines grandes, moyennes et petites
surfaces a permis à la Direction des Services Vétérinaires de
Paris de sassocier à une enquête nationale sur ce sujet.
Plusieurs établissements ont été pris la main dans le sac,
notamment un poursuivi pour délit et condamné comme de droit.
6°) Linspection des ateliers agréés
communautaires consiste vérifier lors des
préparations à lavance de grandes quantités de denrées
si les paramètres ayant permis lobtention dun
agrément sont toujours remplis. Létablissement est tenu
de satisfaire à trois exigences.
7°) Les contrôles à limport-export
La liberté de circulation des produits alimentaires dans
toute lEurope va de pair avec les agréments communautaires
des établissements de transformation. Toutefois les importations
de pays tiers font lobjet dune surveillance attentive.
Ainsi pour écarter tout risque de contamination par le parasite
de la trichinose près de huit cent prélèvements sont
réalisés chaque année sur les introductions de viande de
cheval à partir de lAmérique du Nord. Pour les
expéditions vers des pays tiers, la direction des services
vétérinaires de Paris est lautorité départementale
chargée dauthentifier par un certificat dexportation
la salubrité des denrées (en 1996, six cent certificats pour de
130 tonnes de produits). Il sagit le plus souvent de
produits achetés à létat brut qui sont élaborés sur le
territoire en raison dun certain savoir-faire. Grâce à la
plus value et à certains noms de prestige, lexportation
influe ensuite favorablement sur léconomie française (foie
gras, saumon fumé, caviar
).
La plupart de ces opérations de contrôle se
caractérisent donc par un suivi de calendrier. A partir du
moment où les professionnels auront bien intégré lauto-contrôle
il deviendra important de consacrer plus de temps, notamment chez
les occasionnels de lalimentation (éventaires de rues, de
foires, de salons, de gares ou de métro) à vérifier la
véracité des reports des signes de qualité. On peut déjà
évoquer ce que seront les inspections de lavenir.
Lévaluation du passé du service consiste à
examiner ce qui a été fait dans les entreprises (augmentation
du nombre de véhicules frigorifiques, davantage de commerces
alimentaires dotés de meubles de froid, restauration sociale en
permanence sous contrôle systématique, restauration commerciale
sapprovisionnant désormais auprès de fournisseurs
agréés etc.). Le contrôle davenir impliquera de moins
viser les infrastructures pour se rabattre sur les produits. La
gastronomie sans denrée saine ne doit pas exister. La nouvelle
habitude du consommateur à acheter nimporte où et
nimporte quand de plus en plus de petites unités de vente
toutes prêtes, toutes cuites et déjà emballées met
linspecteur devant le fait accompli : la denrée
transformée nest plus palpable. Doù limportance
des signes de qualité ; estampille, numéro
dagrément communautaire, norme NF, certification AFNOR,
labels, AOC, appellation montagne, agriculture biologique, viande
bovine française, ainsi que les signes communautaires IGP (Indication
Géographique Protégée), AOP (Appellation dOrigine
Protégée) et les reports de dates (DLC, DLUO). Labondance
de signes renforcera cette fois-ci lauto-contrôle du
consommateur qui demandera aussi à lavenir plus de
sécurité alimentaire vis à vis des nouvelles technologies. Les
mots qui font peur se rapportent aux additifs (liants,
conservateurs, anti-oxigénants, agents de sapidité), aux
colorants (naturels ou artificiels, simples ou renforcés), à
lirradiation (tuant par ionisation les microbes de surface),
mais surtout aux contaminations physico-chimiques (engrais,
médicaments
).
Autant les additifs, les colorants et lirradiation
sont indiqués sur létiquetage, les contaminants physico-chimiques
ne le sont pas ! De plus ils se détectent moins facilement
que le risque bactérien bien que résultant dune pollution
de lenvironnement. Comme ces substances peuvent provenir
aussi bien dun traitement quelconque que de
lalimentation animale, un contrôle réalisé à Paris
naboutira que sur la notion de résidu. La denrée
constituera le révélateur dune toxicité dont
laction ne sera malheureusement mesurable que sur une
partie de la population, on parle de xéno-biotique (substance
étrangère à lorganisme). Si labsorption est
exceptionnelle, cest un accident ; si lingestion
est régulière même à faible dose, cest un
empoisonnement. La réponse à cette agression fait appel à
laugmentation des plans de contrôle et de surveillance par
prélèvements dont linterprétation statistique indique le
niveau de contamination. Une enquête en début du circuit
dapprovisionnement sera alors déclenchée pour retrouver
lauteur de la faute.
Pour entrevoir lampleur des futures actions
alimentaires des services vétérinaires il suffit
dénumérer la liste des composants nocifs persistant dans
laliment même après sa préparation. Ils sont de
plusieurs types ; les anti-microbiens, les anti-parasitaires,
les désinfectants, les pesticides, les facteurs de croissance du
bétail, les nitrates, les métaux lourds comme le plomb, cadmium
ou mercure ainsi que la dioxine et les radios-nucléides. Le
contrôle exercé à Paris restera une vérification de fin de
circuit car il est bien entendu quil sera procédé à
dautres examens en amont, sur les lieux de production comme
les abattoirs et les laiteries. Cette vigilance perdurera aussi
longtemps que de tels composés, même à doses infimes,
contribueront à écarter les risques de pénurie ou le spectre
de la famine.
Lévolution du contrôle alimentaire se traduit par
le passage de linspection systématique qui consistait à
relever tout ce qui était non conforme à la promotion de la
qualité. Cette normalisation "du mieux" technologique
et nutritionnel saccompagne de la lutte contre les
intoxications alimentaires. Le droit alimentaire implique
désormais le professionnel qui ne doit plus voir dans
linspecteur dhygiène un verbalisateur mais plutôt
un super contrôleur expertisant ses méthodes de travail. Il
importe que le consommateur ait le dernier mot en achetant des
aliments sains dans des établissements propres.
(A voir également le document du même auteur sur la nouvelle
qualité du poisson)
M. MONTASSIER Claude
: le 01 Décembre 97