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CHOLERA |
Agent
: Vibrio cholerae, appelé antérieurement Vibrio Comma.
Nature de la pathogénicité du choléra
Caractères microbiologiques de Vibrio cholerae
Diagnostic biologique du choléra
Ressources internet concernant le choléra
Qu'est-ce que le Choléra ?
Le choléra asiatique est une toxi-infection
intestinale grave, hautement contagieuse, causée par une entérotoxine de Vibrio
cholerae, qui a colonisé l'intestin grêle. Principaux symptômes : vomissements
spontanés, diarrhée brutale abondante et aqueuse entraînant
déshydratation extrême, une perte d'électrolytes et une augmentation de
l'acidité sanguine. Les selles sont liquides, afécales, incolores et inodores ;
elles ont l'aspect "d'eau de riz". Après la mise en place rapide
d'une réhydratation qui maintient le malade en vie, la diarrhée va se
poursuivre pendant 2 à 4 jours (50 à 100 par jour) puis céder spontanément.
Ordinairement, les diarrhées précèdent les vomissements. Les vomissements sont
également aqueux.
Le traitement bien conduit entraîne guérison
dans 99 % des cas. Ce traitement tend actuellement à un accompagnement
antibiotique (tétracycline) qui permet l'élimination rapide des vibrions.
Dans les cas graves, il y a perte rapide de
liquide et d'électrolytes des voies gastrointestinales : cela entraîne un état
de choc (collapsus), une acidose métabolique et, en l'absence de traitement, la
mort en 24 à 48 H (parfois en 12 H).
Le choléra peut se manifester également sous
des formes moins sévères voire sous forme d'entérites banales, généralement non
diagnostiquées, qui contribuent à la dissémination des germes. L'épidémie
actuelle se manifeste essentiellement sous ces formes atténuées.
Les humains sont les seules hôtes naturels
de V. cholerae. L'eau joue un rôle important dans la transmission du choléra
dans les campagnes où cette maladie est endémique ; Lorsqu'aucun traitement de
l'eau d'alimentation n'est effectué sur les eaux usées, la pollution peut être
importantes par les microbes pathogènes ou non des matières fécales de l'homme
et des animaux (OOSTEROM 1980). La contamination directe des aliments avec des
selles (excrétées par des personnes malades ou porteurs sains) est aussi un
facteur important de transmission. Les porteurs sains éliminent des vibrions
cholériques en quantités moins grandes, de 10^3 à 10^5 germes/ml. Les mouches
jouent un rôle considérable dans la dissémination des vibrions. Les produits de
la mer (coquillages, crabes, langoustes, mollusques). En Malaysia (1971), on a
détecté le vibrion El Tor dans des crevettes et des huîtres ;
dans l'île de Naura (Pacifique Ouest), le poisson Padas est contaminé. Les
pommes de terre, asperges, oeufs peuvent être contaminés.
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Epidémiologie du choléra
Au XIXe siècle, 6 pandémies mondiales ont
causé la mort de centaines de milliers de personnes en Asie, en Afrique et en
Amérique. Presque toutes ces pandémies se sont répandues à partir des foyers
traditionnels localisés au Bangladesh et en Inde (delta du Gange).
A partir de 1925, le choléra régresse, reste
cantonné à l'Inde avec des incursions périodiques dans certains pays d'Afrique
et d'Asie : en 1927 flambée de choléra au Kampuchéa et au Viêt-nam ; de 1937 à
1938, épidémie de choléra au Nord et au Centre Vietnam, venant de Hong Kong,
touchant 20 687 personnes et causant la mort de 14 922 Individus au Vietnam.
En 1937, dans l'archipel Indonésien, est le
point de départ d'un nouveau vibrion, découvert en 1905 au Lazaret d'El tor (La
Mecque). En 1961 débute la 7eme pandémie mondiale, des cas apparaissent à
Hong-Kong, puis dans la presqu'île de Macao. Une flambée spectaculaire se
manifeste dans les îles Philippines, faisant 2000 morts. En 1962, Formose (Corée).
En 1963, quelques cas au Japon. De nombreux foyers sont allumés au cours de
cette même année en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, et dans le Pakistan
Oriental, en 1964, c'est le Vietnam du Sud. L'impitoyable marche vers l'Ouest
se poursuit par le Pakistan Occidental, l'Afghanistan, pour apparaître en Iran
en 1965, en Irak en 1966. La maladie se manifeste en 1970 dans un certain
nombre de pays du Moyen-Orient et en Afrique.
Des milliers de cas sont recensés chaque
année, mais seulement quelques-uns en Europe (37 cas déclarés en France en
1987). En Italie en 1973, 278 individus, faisant 25 morts. Au Portugal en 1974,
2467 personnes avec 48 cas mortels. Aux USA l'épidémie la plus importante s'est
déclarée en 1981 à partir d'une petite distribution privée ; 17 cas. Son foyer
permanent est l'Asie (Inde, Chine, Vietnam, URSS), puis elle est a atteint le
Moyen-Orient et en 1970 l'Afrique Noire.
EX. CVJETANOVIC, 1977. 37 cas en France en
1987. En Italie en 1973, 278 cas dont 25 morts. Au Portugal en 1974, 2467 cas
dont 48 morts. L'origine strictement hydrique de l'infection était parfaitement
démontrée, des vibrions pathogènes ayant été isolés dans les sources, les puits
et les coquillages.
L'agence de presse Portugaise Lusa rapporte
qu'une éruption de choléra dans L'ouest état Africain de Guinée - Bissau tuait
84 personnes et 8.345 cas ont été rapportés depuis octobre 1996.
En 1991, un mois après que la septième
pandémie de choléra (janvier) ait frappé la côte pacifique du Pérou, le choléra
a atteint la côte équatorienne (Colombie, Chili) et s'est propagé en quelques
semaines à l'ensemble du pays. A partir de novembre 1991, une recrudescence est
apparue dans la plupart des provinces de la côte et des Andes. La maladie
menace maintenant les Caraïbes, le bassin amazonien et la côte atlantique du
continent. Elle sévit aussi en Afrique : Niger, Tchad, Mali.
391 000 cas et 4 000 morts ont été
comptabilisés depuis le début de l'épidémie. On traite sur ce continent 10 000
malades par semaine. La mortalité globale a été faible, estimée à 1.50 %, avec
de grandes disparités entre les provinces (> 8 % de mortalité dans les Andes
'Sierra'). La première vague épidémique a atteint un pic en 8 semaines environ
après le premier cas, avec 3400 cas nouveaux par semaine sur l'ensemble du
pays. Ce pic a été suivi d'une lente décroissance vers une ligne de base entre
250 et 500 cas nouveaux hebdomadaires.
- 275 cas (dont
12 morts) dans le delta de Orinoco (Venezuela) depuis janvier 1997.
- 15 cas (dont 2
morts) dans une seconde épidémie ; le poisson du lac de Maracaibo en serait
la cause.
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Septembre 1999, 40
décès au nord du Ghana.
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Nature de la pathogénicité du choléra
Incubation de 1 à 3 jours (6 jours maximum,
et à partir de 12 H selon "Epidémiologie tropicale") 48 H en moyenne.
Perte rapide de liquide et d'électrolytes de l'intestin. Si on remplace
rapidement le liquide et les électrolytes perdus, la guérison est rapide, même
si la diarrhée se poursuit. Le choléra est une maladie spontanément résolutive,
à moins que le patient ne meure de déshydratation ou de choc avant son
rétablissement.
L'augmentation de la sécrétion d'électrolytes
est causée par une exoentérotoxine protéique (CT) de poids moléculaire de 84
000, le choléragène, thermolabile et sécrétée par V. cholerae. La toxine de
Vibrio cholerae a une structure sous-unitaire identique à celle de la toxine
diphtérique. Elle a pour cible les entérocytes, c’est-à-dire les cellules de
l'épithélium intestinal de la bordure en brosse de l'intestin grêle dont la
principale fonction est l'absorption des produits de la digestion. Les vibrions
cholériques ne pénètrent pas dans les tissus : ils restent à la surface des
entérocytes auxquels ils adhèrent et sur lesquels ils se multiplient. La toxine
diffuse localement et dérègle les fonctions cellulaires en stimulant l'activité
de l'adénylate cyclase (adénylcyclase), une enzyme particulière servant à
transformer l'ATP en AMP cyclique ; l'AMP cyclique est un composé indispensable
à la réalisation de nombreuses activités cellulaires, et en augmentant
consécutivement l'AMP cyclique.
Cette toxine stimule donc l'activité du
système adénylate cyclase dans les cellules de la muqueuse intestinale. Cela
entraîne une augmentation de la concentration d'AMP cyclique et, par
conséquent, de la sécrétion d'électrolytes dans la lumière de l'intestin.
Située principalement dans la membrane
cytoplasmique, l'adénylate cyclase joue un rôle prépondérant dans le contrôle
des échanges cellulaires assurés par les entérocytes. Ces échanges sont
gravement perturbés par l'adénylate cyclase que contient la toxine bactérienne.
Quand cette adénylate cyclase bactérienne pénètre dans les entérocytes, elle se
substitue à l'adénylate cyclase cellulaire. Sous son action, les mécanismes
raffinés de régulation cellulaire sont détruits. Non seulement les liquides et
les éléments nutritifs ne peuvent-ils plus traverser les entérocytes pour
gagner le système circulatoire mais les cellules laissent fuir l'eau et les
électrolytes corporels vers l'intestin. Cette fuite liquidienne grave,
irrépressible tant que la toxine n'a pas été neutralisée, entraîne l'acidose et
la déshydratation. A son tour la déshydratation mène à la diminution du volume
sanguin (hypovolémie), à la réduction du débit cardiaque et au ralentissement
des fonctions rénales. Un malade souffrant du choléra peut perdre 15 à 20
litres de liquide par jour.
Enfin, V. cholerae élabore une enzyme, la
mucinase, jouant un rôle dans la pathogénie du choléra en digérant le mucus
intestinal.
Les tétracyclines réduisent considérablement
la durée et le volume de la diarrhée, ainsi que le temps de guérison.
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Prévention du choléra
Une hygiène personnelle et soigneuse (mains
propres). Purification de l'eau et empêcher toute contamination par les égouts.
Elimination des mouches et traitement des patients.
Le vaccin anticholérique, fait de vibrions
tués par la chaleur, procure une certaine protection, mais il est peu efficace
car il n'assure une protection que pour une durée de 6 mois à 1 an et protège
seulement 50 à 60 % des sujets vaccinés. Le traitement associe antibiothérapie
et perfusion. Les perfusions évitent la déshydratation et la déminéralisation
de l'organisme. L'antibiothérapie assure la destruction des germes, et évite
que le malade devienne un porteur chronique.
Un nouveau vaccin existe, le vaccin
choléragène qui confère une immunité plus longue, mais n'est pas encore
appliqué largement.
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Caractères microbiologiques de Vibrio cholerae
C'est un bâtonnet court, gram -, légèrement
incurvé (en virgule) et très mobile (en flèche) grâce à un flagelle polaire, de
2 à 3 um x 0.3 um, isolé en paire ou amas, donnant l'aspect de bancs de
poissons. Aéro-anaérobie. Polymorphe en culture avec des formes courtes et
filamenteuses, plus ou moins incurvées. Glucose +, mannitol +,
mannose +, saccharose +. B galactosidase
+, gélatinase +, indole +, oxydase +. Réduisent les nitrates en nitrites.
La bactérie est favorisée par un pH alcalin
de 7.6 à 9.5 (pH optimal : 8), une concentration enrichie en NaCl de 3 à 8 %.
Ils cultivent entre 2 et 40°C avec un optimum de 37°C. Le germe est assez
fragile, il est sensible à la chaleur (tué en 5 min à 80°C) comme au froid,
sensible aux antiseptiques, à de nombreux antibiotiques (dont les cyclines), à
l'acidification du milieu de culture. Leur survie dans le milieu extérieur est
variable, plus longue dans les boues, les matières fécales à l'abri du soleil,
mais ne semble pas dépasser quelques semaines. Chez le porteur, la survie est
de 10 à 15 jours, parfois davantage. Le biotype eltor présente une plus grande
vitalité que le biotype cholerae.
On connaît trois biotypes, ou souches, de V.
cholerae : le biotype cholerae, agent du choléra classique, le biotype albensis
(luminescent, n'a qu'un intérêt nomenclatural) et le biotype eltor, agent du
choléra moderne et actuelle. Ce dernier a été isolé au lazaret d'Eltor dans le
Golfe de Suez, en 1905.
L'intérêt de la classification de GARDNER et
VENKATRAMAN (1935) est que toutes les souches isolées à part de cas cliniques
de choléra possèdent le même antigène O désigné O:1 les autres groupes
antigéniques ont été appelés "non agglutinables par le sérum O:1 dit sérum
anticholérique (NAG) ou encore vibrions non cholériques (VNC) ce qui est une
faute taxonomique car toutes les souches, quelle que soit leur composition
antigénique, appartiennent à la même espèce V. cholerae. Le groupe O:1 est
lui-même subdivisé en 3 sérotypes sur la bases de 3 facteurs antigéniques du
LPS, A, B et C ; on les appelle Ogawa (AB) Inaba (AC) Hikojima (ABC). Les
sérotypes Ogawa et Inaba sont les plus fréquemment rencontrés dans les récentes
épidémies quel que soit le biotype cholerae ou eltor.
V. cholerae possède des antigènes
flagellaires H communs à tous les vibrions.
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Diagnostic biologique du choléra
On peut ensemencer les échantillons sur des
milieux sélectifs et différentiels pour voir apparaître des colonies typiques
après 18 heures d'incubation. On examine aussi au microscope des colorations de
Gram de prélèvements de selles.
Une identification définitive nécessite des
réactions d'agglutination avec des antisérums spécifiques, ainsi que des
réactions biochimiques avec les isolats bactériens.
Paradoxalement, le vibrion, découvert par
Koch, n'obéit pas aux postulats de Koch. On ne peut reproduire la mélédie sur
l'animal ni même sur l'homme avec d'authhentiques cultures.
Selon "Epidémiologie tropicale" du
Pr NGUYEN, pour détecter les porteurs sains de germe, il est recommandé de leur
administrer du sulfate de magnésie (15-30 g per os la veille du prélèvement des
selles).
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Ressources internet concernant le choléra
PK Saha, H Koley, AK Mukhopadhyay, SK
Bhattacharya, GB Nair, BS Ramakrishnan, S Krishnan, T Takeda, and Y Takeda
J. Clin. Microbiol. 1996. 34:1114-1117. [Abstract] [PDF]
Résumé
Texte PDF
·
Cholera
from raw seaweed transported from the Philippines to California
DJ Vugia, AM Shefer, J Douglas, KD Greene, RG Bryant, and SB
Werner
J.
Clin. Microbiol. 1997. 35:284-285.
Résumé
Texte PDF
Cholera in
Vietnam: Changes in Genotypes and Emergence of Class I Integrons Containing
Aminoglycoside Resistance Gene Cassettes in Vibrio cholerae O1
Strains Isolated from 1979 to 1996
A. Dalsgaard, A. Forslund, N. V. Tam, D. X. Vinh, and P. D.
Cam
J. Clin. Microbiol. 1999. 37:734-741. [Abstract] [HTML] [PDF]
Résumé
HTML
PDF
Genetic
Diversity and Population Structure of Vibrio cholerae
Pilar Beltrán, Gabriela Delgado, Armando Navarro, Francisca
Trujillo, Robert K. Selander, and Alejandro Cravioto
J. Clin. Microbiol.
1999. 37:2125. [HTML] [PDF]
HTML
PDF
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